Les différents courants de l'astrologie

Les différents courants et écoles de l'astrologie

Sous le dénominateur commun « d'astrologie », se regroupent différents courants ou écoles, correspondant à des approches bien spécifiques de cette discipline à mi-chemin entre sciences et intuition, voire art. Certes, il faut bien sûr regarder l'Histoire pour comprendre comment ces systèmes ont été adoptés et se sont ensuite développés. Pour cela, nous vous incitons à lire le chapitre consacré à son évolution dans le temps.

Une fois que nous avons relevé que depuis toujours, l'Homme observe le ciel pour essayer de comprendre les évènements sur Terre - ou pour les prévoir - reste à savoir quelle méthodes ou systèmes vont avoir ses préférences. Faut-il se baser sur le zodiaque tropical ou sidéral ? Quels corps célestes entrent en jeu : les planètes du système solaire et si oui lesquelles ? Celles qui sont visibles à l'œil nu uniquement ? Ou les étoiles et les astéroïdes ? Les questions sont nombreuses. Y répondre revient déjà à esquisser les théories et recherches effectués par les astrologues qui ont été les précurseurs ou chefs de file de ces courants.

Nous vous livrons dans cet article certains courants ou personnages qui ont compté, sachant que tout cela n'a rien d'exhaustif. Ce qu'il faut en retenir : l'astrologie n'est pas une discipline humaine figée, elle évolue sans cesse, y compris à notre époque.

L'astrologie traditionnelle

Claude Ptolémée

Comme son nom l'indique, cette école se base sur la tradition, mais la définition n'est pas simple pour autant ni toujours bien comprise. C'est essentiellement Claude Ptolémée (100-170), astrologue et astronome grec, qui en a esquissé les lignes principales, sachant qu'en bon helléniste, il avait d'ailleurs compilé les travaux antérieurs de ses pairs. Aujourd'hui, il faut bien le dire, le terme « d'astrologie traditionnelle » est devenu un véritable fourre-tout. Il est vrai qu'au sens strict du terme, cette approche est assez restrictive et figée. Elle est divinatoire, dans la mesure où il n'y a pas de marge de manœuvre pour l'Homme une fois que l'on a établi son thème astral.

Initialement, l'astrologie traditionnelle se focalise sur les planètes visibles à l'œil nu, pour des raisons évidentes. Les transsaturniennes, qui ont été découvertes des siècles plus tard grâce au progrès technologique, n'entrent pas en ligne de compte. Le zodiaque utilisé est tropical.

Concernant l'interprétation, celle-ci est très binaire : les planètes sont soit bénéfiques, soit maléfiques, le thème se divise entre bons et mauvais aspects.

Une planète peut être « en bon ou mauvais état céleste », selon la mise en relation entre planètes et signes astrologiques (dans le jargon technique, on parle des dignités et débilités planétaires). L'approche est surtout prédictive. Il est impossible de faire autre chose que de subir ces influences. Aucun recours aux sciences dites humaines n'est admis.

L'astro-psychologie

André Barbault

C'est l'une des premières écoles du XXe siècle qui s'est créée en réaction au fatalisme de l'astrologie traditionnelle. Ici, la discipline est considérée comme un outil de développement personnel, de relation d'aide, d'évolution globale et holistique. Dans les années 50 et 60, elle s'est même dotée d'un Centre International d'Astrologie où se sont retrouvés nombre d'astrologues importants, et surtout l'un des plus influents, André Barbault.

Ce dernier, en découvrant les travaux des psychanalystes et de Freud en particulier, a alors posé le postulat que l'astrologie fonctionne aussi sur ce mode. Chaque planète donne un tempérament particulier et des archétypes, tandis que les signes astrologiques sont vus comme des terrains d'expression de ceux-ci.

Par la suite, dans sa longue carrière – il est encore actif de nos jours - André Barbault a préféré la voie de la recherche personnelle plutôt que de fonder une école à proprement parler, avec des « disciples ». Pour lui, il s'agit toujours de comparer les thèmes au vécu et à l'Histoire (avec ses personnages célèbres). André Barbault s'est également spécialisé en l'astrologie mondiale - qui étudie les évènements et cycles des civilisations - dont il est un éminent spécialiste.

L'astrologie humaniste

Dane Rudhyar

Le maître à penser de ce courant s'appelle Dane Rudhyar, un astrologue, artiste et penseur français qui a émigré aux États-Unis. En s'intéressant à la psychologie humaniste, Dane Rudhyar a élaboré les principes de ce courant dans les années 30 (son ouvrage L'astrologie de la personnalité en pose les jalons) mais ne lui donnera son nom « d'humaniste » que dans les années 60.

Sa méthode place l'Homme au centre du thème astral. Le praticien se penche sur la carte du ciel et la lit de manière philosophique. La notion de « bons » ou « mauvais » aspects est totalement laissée de côté. En outre, les vrais astrologues humanistes n'utilisent pas le thème traditionnel : ils dessinent un mandala, basé sur le système des maisons égales, qui leur permet de s'appuyer sur deux axes perpendiculaires. L'axe horizontal se rapporte au « Moi et aux autres », tandis que l'axe vertical s'attache au « centre de l'être » (au Sud) pour aller vers le monde (Méridien).

Alors que le zodiaque et les planètes sont perçus comme des repères collectifs, seule la domification permet de se plonger dans l'existence individuelle de celui dont on dresse le thème. L'astrologue humaniste va regarder quels vont être les champs d'expérience principaux pour que l'Homme puisse évoluer de manière harmonieuse.

L'astrologie conditionaliste (ou « moderne » ou «naturelle»)

Jean-Pierre Nicola

On doit ce courant à Jean-Pierre Nicola, qui en a posé les règles au milieu des années 60. Premièrement, l'astrologie conditionaliste intègre les développements scientifiques dans tous les domaines. Deuxièmement, elle ne s'oppose pas à la tradition qu'elle prolonge, tout en la débarrassant de ses côtés désuets. Elle prend ainsi en compte les cycles planétaires et se penche sur l'adaptation de l'Homme à son milieu naturel. Autrement dit, le champ d'action se situe au niveau de la dynamique du vivant et du réel.

Le terme conditionaliste a été adopté pour souligner le caractère non fataliste et non absolu de cette astrologie moderne. Selon ce courant, le potentiel du thème aura des effets variables selon l'hérédité, l'éducation, le contexte socioculturel et historique, entre autres facteurs.

Enfin, l'astrologie conditionaliste étudie aussi la question des âges. Pour ses praticiens, il existe une corrélation entre les cycles planétaires et l'être humain. De la naissance à la mort et au-delà de l'existence individuelle, chaque âge de la vie est ainsi gouverné par une fonction planétaire.

A noter que de l'avis même des partisans de cette école, le terme de « conditionaliste » n'est pas très porteur ni très vendeur. Parmi les nombreux ouvrages qui s'attachent à approfondir cette approche, certains utilisent donc plutôt le terme d'astrologie « naturelle » ou « moderne ». Mais ses partisans ne veulent surtout pas être confondus avec les astrologues humanistes, puisqu'ils laissent de côté tous les paramètres liés à la morale ou à la spiritualité.

L'astrologie karmique

Edgar Cayce

Cette école se base sur le concept de la réincarnation. Le thème astrologique nous donnerait selon elle des indices sur les vies passées et sur nos capacités d'évolution pour prendre en main notre karma. L'étude du thème, établi selon les méthodes classiques, met l'accent dans l'interprétation, sur certains objets et spécificités, comme les nœuds lunaires, la Lune Noire, la Part de Fortune et la rétrogradation éventuelle des planètes.

Les nœuds lunaires constituent le « gros morceau » de l'astrologie karmique. La position du Nœud Sud - en signe et en maison - ainsi que les planètes qui lui forment des aspects, représente le contexte d'où nous venons (nos incarnations passées). Tandis que de manière analogique, le Nœud Nord symbolise la direction vers laquelle nous cheminons – c'est-à-dire notre but dans notre incarnation actuelle.

Irène Andrieu, Martin Schulman, Edgar Cayce, Pierre Lassalle ou Patrick Giani sont les représentants les plus connus de cette école.

Un des inconvénients de cette branche est que les astrologues ne s'accordent pas sur la méthode de calcul à utiliser pour déterminer la position des nœuds ou de la Lune Noire. Ainsi pour les nœuds, on trouve la position vraie ou moyenne, pour la Lune Noire, la position vraie, moyenne, corrigée, Bériault-Harvey, ces positions pouvant parfois, selon les dates, être décalées de près d'un signe entier du zodiaque. La démarche des partisans de cette méthode consiste alors à se contorsionner en utilisant tour à tour les différentes méthodes de calcul pour trouver une influence de l'objet en question sur le thème, ce qui évidemment, arrive souvent.

Astrologie sidérale ou astrologie tropicale

Astrologie sidérale

L'astrologie sidérale comme son nom l'indique, se base sur les constellations et non sur les saisons comme l'astrologie tropicale. Autrement dit, on lit la position des planètes par rapport à douze portions du ciel de 30 degrés qui commencent par le point vernal (où se trouvait la constellation du Bélier à l'Antiquité). Du fait de la précession des équinoxes, ce point vernal s'est décalé d'environ 23° depuis les Babyloniens et continue de le faire. De nos jours, tous ceux qui sont nés jusqu'à 18 avril par exemple, sont considérés comme natifs des Poissons tandis que les naissances du 19 avril au 13 mai sont Bélier pour les sidéralistes. Il y a presque un signe de décalage par rapport à l'astrologique moderne occidentale pour les dates récentes.

Sans le vouloir, les sidéralistes ont aussi contribué à la confusion qui refait surface de manière récurrente dans le grand public ou dans les médias généralistes, à savoir que le zodiaque serait désormais « faux ». En vérité, la majorité des astrologues occidentaux utilise comme référence les saisons. Il s'agit simplement de deux systèmes différents, de deux zodiaques différents.

Mais alors « si l'on a deux thèmes différents, c'est que l'une des deux astrologies ne marche pas ? », avancent ceux qui ne connaissent pas le sujet. Et bien si, les deux astrologies fonctionnent, et le décalage des thèmes est « compensé » par les interprétations différentes, notamment des signes, comme l'affirment ceux qui ont l'expérience des deux systèmes et qui n'en dénigrent aucun.

L'astrologie statistique

Astrologie statistique

Dans les années 50, Michel Gauquelin, un chercheur scientifique, s'est mis en tête de chercher des preuves de l'influence astrale grâce aux statistiques. En prenant des listes de personnalités s'étant illustrées dans différentes catégories – sportifs, romanciers, savants, haut-responsables politiques ou militaires - il a cherché à vérifier si l'effet des planètes pouvait être attribué à ces différents domaines : Mars au lever et à la culmination pour les sportifs ou les militaires, Saturne pour les savants, Jupiter pour les politiques et ainsi de suite.

Avec l'aide des statistiques, il s'agissait de voir s'il y avait une occurrence supérieure à la moyenne. Il a été le premier surpris des résultats, puisque les corrélations existaient... mais pas pour toutes les planètes.

Sans entrer dans les détails concernant la mise en place d'un protocole qui soit accepté par tous et les atermoiements de Michel Gauquelin en personne, ces travaux ont été par la suite contestés par certains, tandis que d'autres les ont trouvés vraiment intéressants et pertinents.

Conclusion

Aujourd'hui, comment arbitrer ces différents courants ou chapelles, qui ont permis de faire avancer l'astrologie ? Parfois, les partisans de l'une ou l'autre de ces écoles se sont livrés à des débats houleux pour savoir quelle devait être celle qui prime sur les autres. Or, loin de nous l'idée de prendre position, puisque nous pensons au contraire que ces différents courants répondent à des besoins particuliers, au grand dam de ceux qui affirment que « leur » discipline est la bonne et que toutes les autres doivent être rejetées.

Par exemple, il est vrai que l'astrologie traditionnelle a des défauts indéniables si l'interprète se contente de son sens fataliste. Par contre, elle mérite d'être étudiée pour la simple raison qu'elle permet d'apprendre à travailler avec des aspects ou des maîtrises qui ont tendance à être oubliées ou moins utilisées de nos jours.

Aussi critiquable qu'elle soit, l'astrologie traditionnelle a permis d'établir des bases et des règles. De même, celui qui ne veut rien savoir de l'astrologie humaniste par exemple, se ferme peut-être à un apport intéressant du point de vue du développement personnel.

A chacun donc d'essayer, et de se faire sa propre opinion. Car c'est la pratique plus que la théorie qui fait toute la différence et qui permet d'obtenir des résultats efficaces.

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